
Je fais parfois un parallèle entre un soin énergétique et la météo : un bon coup de vent pour nettoyer, une pluie généreuse pour nourrir, du soleil pour réchauffer et permettre à la vie de reprendre.
Regardez la nature. Montagnes ou plaines, potagers ou vergers, jardin à la française ou forêt indisciplinée… partout, les mêmes éléments sont à l’œuvre. Mais ils ne produisent pas partout les mêmes effets.
Une terre réclamera de l’eau quand une autre en aura déjà trop reçu. Une plante cherchera le soleil quand sa voisine aura besoin d’ombre. Le vent qui débarrasse l’une de ce qui l’encombre pourra fragiliser l’autre.
Je crois qu’il en est un peu de même pour nos corps.
Lorsque je commence une séance, je ne sais pas à l’avance quelle sera sa météo. Je pose mes mains et j’écoute. Il y a des endroits qui me paraissent denses, d’autres étonnamment vides. Certains semblent appeler quelque chose de puissant, presque comme un grand courant d’air qui viendrait tout bousculer. Ailleurs, au contraire, je ressens le besoin d’une énergie beaucoup plus douce, enveloppante, presque immobile.
Et puis il y a ces zones où je ne fais presque rien, je reste là, comme si le corps avait simplement besoin qu’on lui laisse le temps.
Avec les années, j’ai appris à ne pas imposer la même météo partout : une migraine n’est pas une cheville, un foie encombré n’est pas une brûlure, une douleur ancienne ne raconte pas nécessairement la même chose qu’une douleur apparue hier.
Alors je m’adapte. J’ajuste l’intensité, le temps, le mouvement. Mais surtout, j’essaie de suivre ce que je ressens plutôt que ce que ma tête avait décidé de faire.
Car il existe une autre différence fondamentale avec la météo : ici, le paysage est vivant, votre corps réagit. Il semble parfois guider me s mains, modifier mes perceptions, m’inviter à rester ou à partir ailleurs. J’ai souvent la sensation qu’il sait mieux que moi ce dont il a besoin.
Alors peut-être que mon travail consiste moins à décider du temps qu’il doit faire… qu’à regarder le ciel, à sentir le vent et à accompagner, du mieux que je peux, ce qui cherche à retrouver son équilibre.
