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LE DOUTE

Par Christophe Rebours

Cette semaine, je vais réaliser ma 10 000e séance de magnétisme dans le cadre de mon exercice professionnel. Dix mille. Et pourtant, le doute est toujours là. Il attend derrière la porte du cabinet. Discret certains jours. Beaucoup moins à d’autres.

Car venir à votre rencontre, c’est aussi aller au rendez-vous de mes capacités… et de leurs limites.

Vous venez avec une douleur, une fatigue, une brûlure, un zona, des nuits sans sommeil, parfois avec l’espoir que quelque chose puisse enfin changer. Et moi, je vous accueille avec mes mains, mes ressentis, mon expérience… mais sans jamais savoir exactement ce qui va se passer.

Même après 10 000 séances.

Alors les questions reviennent. Suis-je au bon endroit ? Est-ce bien cela que je ressens ? Suis-je suffisamment à l’écoute ? Votre corps va-t-il répondre ? Et parfois, plus simplement : Est-ce que je vais réussir à vous aider ?

J’aurais pu imaginer qu’avec les années le doute disparaîtrait. C’est presque le contraire qui s’est produit. Plus j’avance, plus je mesure tout ce que je ne maîtrise pas.

J’ai vu des douleurs anciennes disparaître très vite. J’ai vu des situations qui me semblaient simples résister. J’ai ressenti des choses que je ne pouvais pas connaître. J’ai été surpris par mes mains. Par vos corps. Par certains résultats. Et j’ai aussi connu l’impuissance.

Alors, finalement, j’ai appris à ne plus combattre le doute. Je crois même qu’il m’est devenu précieux. Il m’empêche de croire que je sais. Il m’empêche de m’installer dans mes certitudes. Il m’oblige à vous rencontrer chaque fois comme si c’était presque la première. Il me rappelle surtout une chose essentielle : je ne suis pas celui qui décide.

Je peux écouter, ressentir, chercher, transmettre ce que je perçois, donner le meilleur de moi-même. Mais ensuite, quelque chose m’échappe : votre corps, l’énergie, peut-être autre chose encore. Je ne sais pas.

Et puis, heureusement, il y a ces moments où vous revenez. Un sourire différent, un visage qui s’est éclairé, et cette phrase : « Je ne sais pas ce que vous avez fait… mais ça va mieux. »

Alors le doute s’en va., quelques instants, et laisse toute la place à la joie, jusqu’à ce que la porte s’ouvre à nouveau, et qu’une autre personne entre.