
Vous arrivez souvent en me disant que vous avez vu tous les médecins, tous les spécialistes… et que, malgré cela, votre douleur est toujours là.
Vous me dites aussi que vous avez essayé plusieurs traitements, parfois pendant longtemps, sans obtenir l’amélioration que vous espériez.
Et puis vient cette phrase : « Vous êtes mon dernier recours. »
C’est très flatteur…
… et un peu flippant.
Parce que, franchement, qu’est-ce que je pourrais faire de plus ou de mieux que ce que les autres n’ont pas réussi à faire ?
Vous écouter plus longtemps ?
Chercher à sentir d’où part votre inconfort ?
Essayer de comprendre autrement ce que votre corps raconte ?
Peut-être.
Mais avec les années, j’ai surtout appris à me méfier de cette question.
Parce qu’elle suppose que je devrais savoir.
Savoir ce qui ne va pas.
Savoir ce que je vais faire.
Savoir si cela va fonctionner.
Et je ne sais pas toujours.
Alors je pose les mains.
Je cherche.
J’écoute.
Je ressens.
Parfois très précisément. Parfois beaucoup moins.
Il m’arrive de sentir une zone qui appelle immédiatement mon attention. Il m’arrive aussi de ne pas comprendre grand-chose à ce qui se passe sous mes mains.
Et pourtant…
C’est parfois dans ces moments-là que quelque chose d’inattendu se produit.
Au fil des séances et des années, j’ai appris une chose étrange : les situations qui me paraissent les plus compliquées ne sont pas nécessairement celles qui résistent le plus.
Un corps qui souffre depuis des années peut parfois réagir très vite.
Et une douleur qui semblait toute simple peut, elle, s’accrocher obstinément.
Alors j’essaie de ne plus décider à l’avance de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas.
Je fais ma part.
Je pose les mains, je ressens, j’accompagne ce qui se présente.
Et puis je laisse aussi une place à ce que je ne maîtrise pas.
À cette rencontre étrange entre votre corps, mes mains, l’énergie… et peut-être quelque chose de plus vaste que je ne saurais vraiment nommer.
Alors, lorsque vous me dites : « Vous êtes mon dernier recours. », je ne me sens pas investi d’un pouvoir particulier.
Je pense simplement : « D’accord… voyons ce qui va se passer. »
