
La semaine dernière, Laurence revient me voir pour la deuxième fois pour son mal de dos.
La première séance lui avait fait beaucoup de bien. Il reste simplement un petit point, une gêne persistante à faire disparaître.
Je suis dans ma zone de confort. Je connais bien ce type de séance.
Et puis Laurence me raconte qu’elle vient de se cogner violemment l’orteil contre une pierre.
Elle a mal. Très mal.
Elle n’a pas encore consulté et se demande même si elle ne s’est pas cassé quelque chose.
Je lui précise évidemment qu’en cas de douleur importante ou persistante, un orteil traumatisé mérite un avis médical.
Mais puisqu’elle est là, elle me demande : « Vous pouvez essayer de faire quelque chose ? »
Je pose donc mes mains à distance de son orteil et j’essaie simplement de ressentir ce qui s’y passe.
Je ressens certaines choses, je travaille quelques minutes…
Mais intérieurement, je dois bien l’avouer : je n’y crois pas beaucoup.
Autant je connais les sensations qui accompagnent certaines douleurs que je rencontre régulièrement, autant cet orteil fraîchement cogné contre une pierre me laisse franchement dubitatif.
Nous terminons la séance.
Et le lendemain, je reçois un texto de Laurence : « Plus aucune douleur. »
Disparue.
Je reste devant mon téléphone avec cette réaction que j’ai encore parfois, même après toutes ces années : Comment est-ce possible ?
Je pourrais essayer de construire une explication.
Parler d’énergie.
D’intuition.
Du corps.
De ce que mes mains auraient perçu.
Mais la réponse la plus exacte est beaucoup plus simple : je n’en sais rien.
Je sais ce que j’ai fait.
Laurence sait ce qu’elle a ressenti le lendemain.
Entre les deux demeure une part de mystère.
Et cette part-là, après toutes ces années, continue de m’émerveiller.
