← Mon regard

Article

VOTRE CORPS EN ATHMOSPHÈRE

Par Christophe Rebours

Regardez notre planète depuis l’espace : une masse solide, bien réelle, entourée d’une enveloppe invisible à nos yeux depuis le sol : son atmosphère.

J’aime imaginer notre corps de cette manière. Il y a ce que nous pouvons toucher : la peau, les muscles, les os, les organes. Et puis il y aurait autour de nous — et peut-être aussi à travers nous — quelque chose de moins tangible, un espace énergétique, une sorte d’atmosphère personnelle.

Je ne peux pas vous la montrer. Je ne saurais pas davantage vous dire précisément où elle commence, où elle s’arrête, ni même de quoi elle est faite. Mais dans mon travail, je la ressens et elle ne me semble jamais complètement séparée de notre corps.

Une forêt ou une usine, le bord de l’océan ou le centre d’une métropole ne produisent pas en nous les mêmes sensations. Une colère, une peur, un amour immense, un deuil, une joie profonde ne nous laissent pas non plus exactement dans le même état. Notre environnement nous traverse, nos émotions nous traversent, notre histoire nous traverse.

Et j’ai le sentiment que quelque chose de tout cela laisse une empreinte. C’est dans cet espace que je situe une partie de mon travail de magnétiseur.

Lorsque mes mains se déplacent autour d’un corps sans nécessairement le toucher, il m’arrive de percevoir des différences : une chaleur, un froid, une densité, un mouvement, parfois une sensation beaucoup plus difficile à décrire. Je ne sais pas exactement ce que je perçois : un champ énergétique ? une information portée par le corps ? une forme de résonance entre la personne et moi ? quelque chose que nous ne savons pas encore nommer ? Je laisse la question ouverte.

Car finalement, lorsque je suis avec vous, ce qui m’importe n’est pas tellement de savoir ce qu’est cette atmosphère. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui s’y passe.

Parfois, j’ai la sensation d’y rencontrer des zones agitées, d’autres figées, certaines presque silencieuses. Alors j’y reste. Je laisse mes mains écouter. Je laisse mon corps ressentir. Et j’attends.

Il arrive qu’une sensation se transforme, qu’une tension semble céder, qu’un mouvement réapparaisse là où tout me paraissait immobile, comme après un orage. Les nuages sont peut-être encore là, mais quelque chose circule de nouveau, et parfois, le soleil revient.

Je ne prétends pas commander à cette météo intérieure. Je tente simplement d’y créer les conditions d’une éclaircie. Voilà, peut-être, ce que signifie pour moi travailler dans votre « atmosphère ».